vendredi 16 décembre 2016

Bilan de grossesse

À J-15 de la date prévue d'accouchement,
 j'avais envie de vous faire un petit bilan de ces 9 mois de grossesse avec en résumé: 
ce que je recommencerais sans hésiter et ce que je changerais.

On imagine toute sa grossesse d'une manière bien particulière, on l'idéalise, on la rêve puis la réalité arrive et parfois, ça ne ressemble en rien à ce qu'on avait prévu!
Parfois c'est 1000 fois pire, parfois 1000 fois mieux.


Ce que je ne recommencerais pas:

1. M'évertuer à faire comprendre aux gens que la grossesse n'est pas une partie de plaisir H24. Je me suis beaucoup battue au début de ma grossesse pour être sincère et dire quand ça allait mais aussi quand ça n'allait pas! Résultats: des remarques en tout genre comme quoi j'avais une horrible grossesse, la pire dont les gens avaient entendu parler, que je devrais quitter mon boulot pour me détendre et j'en passe. Finalement, les remarques ont été marquantes et peu de gens ont admis que j'avais raison. Sauf maintenant que je suis entourée de femmes enceintes qui se rendent compte que le pays des licornes n'existe pas. Et toc! Soyez nauséeuses et fatiguées maintenant!

2. Me stresser sur l'aspect financier. J'avais extrêmement peur de me laisser déborder financièrement et de devoir puiser sur mes fonds propres petit à petit. En effet, je ne suis pas radine mais j'aime avoir un œil clair sur mes finances. Or avec la grossesse, aucune idée au départ de ce qu'il faut, de ce que ça coûte, et les frais auxquels on ne pense pas s'accumulent. Pour me rassurer, j'ai fait des comptes et des calculs et encore des comptes. Au final... il faut de toute façon acheter ce qu'il faut donc pas vraiment le choix. Nous avons réussi à tout payer en ne touchant pas à nos économies. Pour ma part, il y aura juste 3 mois où je n'aurai pas mis un centime de côté. Tant pis. Il y a pire.

3. Écouter les conseils des gens. Je crois que mon plus gros souci avec cette grossesse et la chose que je changerais sans hésiter, ça aura été de ne pas m'avoir fait assez confiance. Une fois enceinte, on reçoit des conseils de toute part. Pour les 3/4, dans le but d'aider mais on se retrouve vite à se poser 10 000 questions.
"Achetez un max en seconde main, elle ne s'en servira pas lgtps" (alors qu'il n'y a pas photo, j'aime craquer en magasin), "Vous mettez un prix pareil pour la poussette?" (ce qui était important pour nous puisqu'on compte beaucoup bouger), "tu devrais arrêter de travailler et te reposer" (impensable pour moi qui ne tient pas en place), "vous avez déjà fait ci? fait ça? Il faudrait y penser vous n'aurez plus le temps après!" (rha l'angoisse!) Finalement, à chaque fois qu'on a suivi notre idée première, tout s'est très bien déroulé. Avec du recul, je me rends compte que j'aurais gagné beaucoup de temps à suivre mon instinct dès le début au lieu de me demander si on faisait bien.

4. Me préoccuper autant de la santé du Bébé. Ce qui a gâché une grosse partie de la grossesse, c'était cette peur que quelque chose n'aille pas bien chez elle. Étant moi-même une enfant qui a séjourné des années à l'hôpital, j'avais une peur bleue qu'elle récupère une tare ou une fragilité. Chaque échographie, chaque petit bobo m'effrayait pour elle. Il a fallut que je passe le cap des 27 semaines viables pour souffler et des 37 semaines pour être épanouie. Finalement, elle va très bien et j'aurais dû lui faire confiance.


5. Écouter les comparaisons. Dans le monde merveilleux des mamans et femmes enceintes, soyons franches, il y a 90% des femmes qui se compareront (pour se rassurer je suppose). Je suis très sensible à cela, me sentant vite inférieure. Entre les comparaisons de poids, d'épanouissement, de taille de ventre, d'achats, de moyens financiers et j'en passe, cela m'a miné le moral. Parce que oui, je n'ai pas pris beaucoup de poids mais je ne fais pas du 36 pour autant. Non, je n'ai pas les moyens de lui acheter des vêtements faits par des créateurs indépendants. Non, je n'ai pas la capacité de faire de jolies photos sur fond blanc style magazine "je suis trop heureuse je suis parfaite" et je ne le veux pas. Et parfois, les femmes blessent sans le vouloir. À recommencer, je ne me remettrais plus autant en question et j'éviterais de me sentir "nulle" là où on fait toutes de notre mieux. 



Ce que je recommencerais sans hésiter:

1. Vivre. Eh oui, ça peut paraître stupide mais j'ai vu de nombreuses de femmes enceintes arrêter de vivre, arrêter de travailler, arrêter de faire des efforts physiques, sortir etc. Avec des contractions prématurées, on m'a dit d'arrêter encore et encore. Je ne voulais pas, je ne le sentais pas. Au final, je n'ai pas vu cette grossesse passer, on a gardé une vie sociale bien remplie là où j'en ai vu beaucoup se sentir seule et on s'impatiente à J-15 alors que d'autres tournent en rond depuis plusieurs mois.

2. Acheter ce dont j'ai envie. On a mis 1000€ dans une poussette? Bah oui et elle claque! On a acheté un porte-bébé, une écharpe de portage, le maxicosi complet hors de prix? Bah oui. Elle a des tenues dans tous les sens? Aussi! Ça m'a fait énormément de bien de craquer, j'adore ce qu'on a acheté et j'ai hâte de la voir dedans. On s'est fait plaisir pour elle mais aussi pour nous.

 
3. Profiter un maximum tant qu'on est à 2. Dès l'annonce de la grossesse, on a voulu profiter de nos derniers moments à 2. Restaurants, cinéma, lunch sur le pouce, balades, moments TV-grignotage-aprèm en pyjama. Pour rien au monde je ne changerais ces moments purement égoïstes qu'on a pris en pensant à nous. Notre couple est toujours au top après ces 9 mois et on a encore plein de projets pour après.



4. Ne pas respecter les règles. Je m'explique: il faut faire une Babyshower, il faut acheter des vêtements de grossesse, il faut penser Bébé, il faut passer son dimanche à tricoter, il faut faire extrêmement gaffe à la toxo. Autant de règles souvent sous-entendues qu'on n'a pas du tout respecter (comprenez bien que niveau dical, on a respecté ce qu'il fallait mais sans psychoter)! Chez nous, Babyshower aura rimé avec raclette party, gestion de la toxo = morceaux de saucissons parfois et dimanche aura été avec billard et cinéma. On a choqué parfois parce qu'on ne donnait pas l'impression d'être de futurs parents mais tant pis. On a profité et c'était le plus important. Bye bye les clichés où il faut parler Bébé autour d'un thé le samedi après-midi. On avait de forts caractères avant, on les aura après. Et qu'est-ce qu'on a profité!

5. Prévoir le pire. Depuis le début, je m'imagine le pire pour tout. Ça peut paraître fou et on m'a dit que j'étais extrêmement négative mais non, je prévois juste le meilleur mais aussi le pire. Par exemple, pour l'accouchement, je m'attends à tout! De l'accouchement qui durera 48h, à la césarienne en passant même par la mort. Choquant peut-être mais en attendant, je me sens prête là où j'en vois beaucoup s'imaginer un accouchement parfait et tomber de tellement haut que ça finit en crise d'angoisse et en déception. Idem pour l'écho morphologique où j'étais prête à entendre un souci de santé, ou encore la trisomie où on avait déjà pris notre décision si cela devait s'avérer positif. Je n'étais pas négative mais j'avais besoin de me sentir prête. On m'a fait de nombreuses remarques à ce sujet et pourtant, quand on a eu le risque de trisomie, cela m'a empêché de sombrer. Pareil pour le diabète gestationnel. J'ai évité de tomber de trop haut.

Voilà un peu ce que je changerais ou non. 
Je pense que toutes les femmes enceintes ont des regrets 
et des moments merveilleux en tête. 
Dans l'ensemble, je recommencerais sans hésiter mais en faisant plus confiance à la vie et à ce qu'elle nous offre. Je partirais plus sereine dans cette aventure pour laquelle quoi qu'on pense, on ne sera jamais vraiment prête. 

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