mercredi 25 janvier 2017

Hypersensibilité, nouvelle Maman et pause sur les réseaux sociaux


Aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous les raisons de ce besoin de retrait sur Instagram parce que je me dis que cela pourrait en concerner d'autres et qui sait, peut-être permettre à certaines de mettre des mots sur ce qu'elles ressentent. Je vais être très sincère ici et m'ouvrir comme je le fais rarement, j'espère que cela vous plaira.

J'ai été très (trop) présente sur les réseaux sociaux à la fin de ma grossesse et au début de l'arrivée de notre princesse. Eh oui, que voulez-vous faire quand vous êtes réveillée 10-20 min toutes les 2h en pleine nuit? Impossible de se lancer dans un livre à cause de la fatigue, difficile de suivre un film et encore moins de faire quelque chose de productif. Alors j'ai "zoné" sur les réseaux.

J'ai discuté de mes interrogations avec des copines, j'ai regardé la vie d'autres personnes pour voir comment s'en sortir avec un petit Bébé, j'ai rêvé de voyages et j'ai pu vivre les soldes par procuration.

Jusque là, tout va bien. Mais petit à petit, sans savoir pourquoi j'ai commencé à me sentir de plus en plus mal. Je n'étais pas fière de moi. J'étais de moins en moins productive et de plus en plus sur les réseaux sociaux, créant ainsi un cercle très vicieux. 

J'ai commencé à partager des photos pour le simple fait de publier quelque chose, tout cela un peu sans queue ni tête, au point de me demander pourquoi je faisais ça?

C'est alors que j'ai décidé de tout couper. 

Avec du recul, je commence à mettre le doigt sur ce qu'il s'est passé!

Pour celles qui ne le savent pas encore, je suis une hypersensible. J'ai tendance à dire que je manque de confiance en moi mais en réalité, je gère surtout très mal mes émotions. 

Dites-moi une phrase blessante et je vais y penser des semaines! Partagez avec moi un moment douloureux et je pourrais pleurer avec vous. Récemment, mon compagnon a eu quelqu'un de désagréable au téléphone, j'ai été mal pour lui pendant 3 jours alors que lui avait déjà oublié. 

J'ai toujours été comme ça et j'ai réussi à créer les barrières qui contrent un maximum ces débordements. Je sais ce qui me touche intensément et ce que je ne gère pas. J'ai donc créé des protections en conséquence aux bons endroits. De manière générale, extérieurement, on ne voit rien, bien au contraire. 

Seulement, avec l'arrivée de Babygirl, tout a été chamboulé!

Me voilà à devoir faire face à une mimique indescriptible du gynécologue (je n'en ai pas dormi de la nuit), à des complications de santé (merci le staphylocoque et ses angoisses) de paperasse suite à la naissance avec des personnes désagréables au bout du fil (j'en ai pleuré, pour du vrai), à des décisions à prendre sur des sujets inconnus concernant notre fille (j'en ai passé des heures à regarder dans le vide). En gros, je suis devenue une "adulte-maman" qui fait penser aux gens qu'on gère tout. 

C'est alors que je me suis retournée vers ce que je "connaissais" et me rassurais, les réseaux sociaux. Bah oui, c'est facile! Notre vie parait parfaite, on ne partage que ce qui se passe de bien et les quelques compliments qu'on reçoit nous rassure dans notre façon de faire.

Seulement, à côté de cela, j'ai remarqué que la paperasse s'accumulait, que les décisions à prendre pour notre fille devenaient de plus en plus pressantes, que le nombre d'appels à passer augmentaient. L'angoisse! Du coup, je me suis plongée d'autant plus sur Instagram pour "fuir" quelque chose qui devenait trop grand et trop effrayant pour moi et je n'ai plus rien su contrôler du tout! Mes émotions se sont totalement mélangées au point de retrouver ma peur de la voiture (pourtant gérée depuis quelques années maintenant), de me reposer 20 000 questions sur mon apparence avec ce nouveau corps, d'être à nouveau mal à l'aise au téléphone comme il y a 6-7 ans avant que je ne travaille. 

Des peurs passées mélangées à des situations actuelles stressantes ont fait que j'ai buggé et dû totalement tout confié à l'homme. 

Puis, j'ai commencé à me sentir nulle de le voir s'affairer et moi de ne rien savoir gérer. J'ai vu sur les réseaux sociaux des mamans au top, des bébés magnifiques et ce faux-semblant de perfection m'a eu: j'y ai cru! Je me suis sentie incapable!

Quelques remarques blessantes sur l'allaitement et ma façon de faire et c'en était trop. J'étais profondément triste. J'avais énormément de projets en tête et j'étais là, assise sur mon canapé.

Et puis le déclic quand on est sorti pour la première fois sans notre fille. Deux heures au salon de l'auto et je me suis rendue compte du décalage entre mes émotions et la vraie vie, du fait que je me laissais aller petit à petit et comble du ridicule: j'ai réussi à checker mon compte Instagram 5-6 fois alors qu'il s'agissait de notre premier moment en amoureux depuis la naissance de la petite.

J'ai donc listé tout ce que je devais faire et j'ai étalé mes tâches tout au long de la semaine avec des plages de vrais "repos" sans culpabilité. Je me suis attaquée à de petites choses comme le repassage, apprendre à donner son bain à ma fille, revoir quelques amis. 

Et à force de voir que je pouvais aussi m'en sortir, j'ai commencé à m'attaquer à de plus gros problèmes à régler comme mon alimentation ou mes papiers de boulot bien compliqués.

A l'heure où je vous écris, je remarque que je suis encore fort sensible et que je reste vite "collée" à Instagram. J'ai encore besoin de m'en éloigner. Je pense revenir petit à petit mais plus doucement ce qui fait que je vais certainement garder un énorme recul pour mon bien-être. Mais je me sens déjà beaucoup plus en accord avec moi-même et j'ai surtout cette impression de me retrouver. Devenir maman n'est pas aussi simple qu'on le pense et cela nous oblige à tout remettre en question, à être perdue et à réapprendre à vivre autrement.

Voilà l'impact énorme qu'Instagram peut aussi avoir. Je me suis fait prendre au piège de ce jeu de perfection dans un monde imparfait et on ne m'y prendra plus. 

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