À toi qui as abîmé ma vie

Il s'agit ici d'un article totalement personnel. 

Sans grand intérêt pour beaucoup de gens, je suppose, sauf pour d'autres qui comme moi sont tombées sur de mauvaises personnes. Ici, il s'agit ici de ma petite bulle, et là, j'en ai besoin. Pour moi. Pour me libérer. Et j'ai besoin de le dire pour une fois de manière publique et totalement unilatérale. Parce que non, je ne cherche rien. A part mettre des mots ouverts sur ce que je ressens.



Lettre à toi qui as abîmé ma vie 

Il y a des personnes qui auront eu un impact dans ma vie. Tu en fais partie, sache-le. Pas pour les bonnes raisons, pas pour les pires non plus. 

À toi qui as abîmé ma vie, je dis au revoir. Après toutes ces années, je suis fatiguée. Fatiguée d'une injustice que j'ai gardé là, au fond de moi. 

Oh non, je te rassure, je ne pense pas à toi tous les jours et je pense ne plus avoir parlé de toi à qui que ce soit depuis longtemps. Mais cette faille est là. Une faille dont, j'ose espérer, tu n'as pas mesuré les conséquences.

Une simple phrase: "tu es méchante" suivie d'une présence trop importante à mon goût, voulu ou non, ont eu raison de moi. Des mois de colère, des mois à garder mon calme face à une injustice de plus en plus grandissante, des mois à essayer de prouver que je n'étais pas la fautive de cette histoire.

Et j'ai fait cette terrible erreur que je commets depuis des années: je me suis tue et effacée. 

Ce combat, je ne l'aurais jamais gagné. Je n'avais pas assez confiance en moi, je n'aurais jamais osé. J'ai mordu sur ma chique, j'ai pleuré, j'ai gardé ça là tout au fond de moi, en sachant que je n'avais rien fait.

Puis les mois ont passé, les années aussi. On m'a dit que pour tenir un fil, il fallait être deux. Moi je ne savais pas le lâcher. Pas pour toi, mais pour le mal sans nom que cela avait créé et dont je ne parlais pas.

D'autres événements se sont passés dans ma vie et la faille s'est agrandie. J'ai décidé d'aller voir un psy. Je n'en pouvais plus de garder tout cela au fond de moi. Avec le temps, plus personne ne m'écoutait et j'entendais juste "Mais laisse tomber Steph! On s'en fiche!". Et pourtant, la souffrance était là.

Après avoir réglé plusieurs soucis, on a parlé de toi avec ma psy. J'étais honteuse de parler de toi des années après. Mais la colère est vite remontée à la surface. Le mot "injustice" est revenu des dizaines et des dizaines de fois. Et ma psy m'aura répété "Mais pourquoi cette injustice a tant d'importance pour vous?" des dizaines et des dizaines de fois.

Alors, j'ai osé. On t'a utilisée comme base de travail. Ici aussi je te rassure, ce n'était pas pour parler de toi, tu n'as pas assez d'importance à mes yeux pour cela. Non, plutôt pour parler de mes réactions, de ce qu'il me restait, de ce que je vivais. Du pourquoi tout simplement.

Et finalement, le travail effectué a été énorme. De cette simple phrase "tu es méchante", sache que tu avais piqué juste là où ça faisait mal.

Grâce à ma psy, cette histoire m'a finalement apporté tellement que je ne t'en veux plus. Même si je n'excuse rien. Même si te croiser me donnerait envie de lever les yeux au ciel. À toi, je dis au revoir.

J'ai compris avec les années qu'il y a ce que l'on montre et ce que l'on vit. Toi tu montres, moi je vis. J'en arrive à être désolée pour toi. Désolée que rien ne remplisse ton vide intérieur, que rien ne te comble et que finalement, des années après, un simple like sur une de mes photos Instagram (je pense que tu as glissé ) me prouve bel et bien qu'il y a une surveillance malveillante. Et je n'y ai ressenti que de la pitié.

Mon âme est fatiguée de garder cette injustice. Mon âme est fatiguée de me priver. Mon âme a évolué. Étonnamment grâce à toi.

Sache que finalement, il m'aura fallu plusieurs années de travail pour en faire une force. Oh non, tout n'est pas au point. J'ai du mal à faire confiance et je ne m'attache que très difficilement aux gens depuis. Je n'arrive toujours pas à "déranger" et à me montrer comme tu sais le faire. Mais le travail avance. Je prends confiance en moi, je commence à voir où sont mes forces par rapport à quelqu'un comme toi. Je grandis. 

Nos vies évoluent et j'arrive au stade où j'ai tout ce que je désire. Sache que la plus belle douleur que je pourrai t'offrir, c'est mon bonheur. Et oui, je suis heureuse. Vu l'ironie de la vie, nous serons certainement amenées à nous revoir. Mais les conditions seront différentes. J'aurai réussi. J'aurai affronté tout cela de la manière la plus intelligente qui soi et lorsqu'on se recroisera, je ne te regarderai pas.

Parce que oui, à toi qui as abîmé ma vie, je dis au revoir.


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