vendredi 30 juin 2017

Quand ce n'est pas le bon moment pour faire du sport...


Sachez que je ne cherche aucune excuse et que je ne me pose pas en tant que victime ou que sais-je mais depuis des années, je commence un sport et je l'arrête en chemin; je commence une alimentation équilibrée et puis tout par en cacahuète; j'ai un compte Instagram mais je le fais à moitié... et si jusqu'à présent, ça n'avait tout simplement pas été le bon moment pour ces choses-là?


J'ai su courir 10 km puis j'ai tout arrêté. J'ai mangé paléo pendant des mois puis j'ai remangé des produits industriels. J'ai mangé sans sucre avec mon diabète de grossesse puis je me suis rejetée sur le chocolat et autres aliments bien cracras. J'ai eu près de 7000 abonnés puis j'ai tout mis sur stop et je n'ai rien perfectionné.


La question se pose depuis un bon moment déjà: 
Pourquoi je ne fais preuve d'aucune volonté? Aucun effort réel? 

À la moindre difficulté, je craque ou j'abandonne. 


Et là, ma psy encore, m'a éclairée plus que de raison avec une phrase toute simple: "Et si jusqu'ici, ça n'avait pas été le bon moment?".

Question assez folle pour moi puisque pour manger sainement et faire du sport, c'est toujours "le bon moment". S'occuper de réseau sociaux ne demande pas un effort sur-humain non plus.

Mais ça m'a trotté en tête et j'ai énormément réfléchi. 

Il est vrai que je craque alimentairement parlant quand je suis fatiguée et que j'ai besoin de réconfort. Cette fatigue est présente pour toujours les mêmes raisons: le boulot, mes projets personnels, Lily. Et j'arrête le sport quand je suis également fatiguée pour les mêmes raisons. Instagram, n'en parlons même pas, passe très vite au second plan dans ma vie.

Oh je ne dis pas que la fatigue excuse tout, loin de là. Beaucoup de personnes ont assez de volonté pour tout mener de front, malheureusement pas moi. 

Alors pourquoi cette fatigue prévalait sur mon alimentation, mon sport et même des amusements personnels? 

C'est comme cela que je me suis rendue compte qu'en réalité, dans mes objectifs de vie, tout cela passait véritablement au second plan. 

Combien de fois n'ai-je pas couru en ayant juste envie de rentrer pour chercher une maison sur Immoweb? Combien de fois n'ai-je pas mangé le premier truc qui me passait sous la main pour m'occuper de Lily? Combien de fois n'ai-je pas arrêté un article de blog pour être en forme au boulot?

Eh bien oui, aussi fou que cela puisse paraître, 
ce n'était pas le moment de me concentrer sur ces aspects de ma vie.

Pour la petite histoire, je viens d'un logement social à Bruxelles. Étant très pauvre à la base, je me suis jurée de sortir de là et de monter d'un cran dans la société. J'ai fait des petits ménages et des jobs étudiants pour me payer des études supérieures. Les moins chères possibles puisque je ne savais pas gagner des milles et des cents mais des études quand même. 

Je me suis alors battue près de 15 ans pour avoir un bon boulot, un permis et une voiture (qu'on n'avait pas puisque beaucoup trop cher), un couple qui fonctionne, un bébé et une maison.

En réalité, c'est tout ce qui comptait pour moi. Ces objectifs-là. Et pour les avoir, là, oui, j'ai tout donné. J'ai passé des heures à apprendre à conduire, j'ai passé des journées sur Immoweb, j'ai postulé des centaines de fois pour un emploi. 

Mon alimentation et mon sport étaient importants pour moi bien évidemment mais absolument pas prioritaires à mes yeux. Mon blog en fait, encore moins. 

J'ai un caractère assez déterminé et je fonctionne par objectif. Tant que tout cela n'était pas réalisé, je n'arrivais à rien de plus. En fait, passer 1 h à courir me donnait l'impression de perdre 1 h à apprendre à rouler. Cuisiner un petit plat healthy me donnait l'impression de traîner en cuisine au lieu de visiter des maisons.

Et là, je me suis rendue compte que non, ça n'avait pas été le bon moment pour moi. 

Quand nous avons signé pour la maison, j'ai eu un énorme coup de fatigue. Un des plus gros de ma vie. Première fois en 4 ans avec mon compagnon que je l'envoie royalement ch*** et que même discuter avec lui m'épuise. Pourquoi?

Tout simplement parce que je viens enfin de réaliser tous les objectifs que je me suis fixée depuis ces 15 dernières années. On m'a parlé de chance qui tourne mais non. C'est le fruit de près de 15 ans de travail et d'effort.

Certes, je pourrais avoir une plus grosse voiture, une plus grosse maison, un meilleur job mais ce que j'ai me convient parfaitement. Je ne suis pas à l'abri d'un couac mais c'est fait. Je l'ai fait. 

Et pour la première fois de ma vie, j'ai eu l'impression d'avoir carte blanche pour penser à moi, à des choses plus futiles et sortir de cette zone de "survie" pour m'en sortir.

Je me suis créée une vie suffisamment stable que pour pouvoir me faire un planning sportif, un plan alimentaire et des lunchbox pour le boulot.

Je peux enfin souffler et m'occuper de ça, m'occuper de moi. 


Le bon moment, il est maintenant. Et je compte bien m'occuper désormais de ces aspects-là de ma vie. D'en apprendre plus sur l'alimentation, de travailler plus sur mes photos, de prendre le temps d'aller à la piscine ou au parc pour courir. Je pense que mon compte Instagram va beaucoup changer du coup. Je vois cet article comme un nouveau point de départ... 

Je me doute des réactions me disant que ma santé passe avant tout et que le sport aurait pu me permettre de souffler dans tout ce stress mais je parle pour moi, mon caractère, mon vécu. 

La question de savoir "pourquoi je n'évolue pas?" est, je pense, primordiale pour avancer !


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